Meilleures pratiques

Cette section permet aux producteurs certifiés de Fairtrade de partager les expériences et meilleures pratiques. Chaque trimestre, les producteurs exposeront les solutions pratiques qu’ils ont apportées face à un défi donné. Cliquez ici pour des études de cas économique, environnementaux, sociaux et de santé .

Études de cas sur l’utilisation et l’entreposage des pesticides

Durant ce trimestre, la Plateforme des meilleures pratiques présente des études de cas sur l’usage des pesticides et sur la façon dont ils sont entreposés. Quel dispositif de protection est utilisé lors de l’application de pesticides? Existe-t-il une formation pour les cultivateurs.

Étude de cas 1 : Intervention du gouvernement

Profil :

la coopérative Medine Camp de Masque

Produit visé : la canne à sucre

Endroit : Maurice

Type : petits producteurs – 450 fermiers

Certification Fairtrade depuis 2009

Contact – medineccs@yahoo.com

Le défi

Il y a quelques années, les cultivateurs de cannes à sucre du Camp Medine ont commencé à noter une réduction graduelle de leur production. Des chercheurs de l’Institut de recherche de l’industrie du sucre de Maurice (MSIRI), qui est à l’emploi du gouvernement mauricien, ont découvert que la vermine et l’excès de mauvaises herbes avaient affecté les pousses de cannes à sucre. Comme principale solution, les chercheurs ont recommandé l’utilisation de fongicides et d’herbicides. Les cultivateurs furent transportés de joie à l’idée de trouver la cause de leur problème; par contre, ils faisaient également face au coût élevé des pesticides et au manque d’installations d’entreposage.

La solution

Alors qu’ils en étaient toujours à décider d’une solution, les cultivateurs ont reçu leur première prime de Fairtrade. Ils ont pris la décision d’utiliser leur prime pour l’achat de fongicides et d’herbicides en vrac, après quoi chaque cultivateur pourrait bénéficier de subventions pour les acheter. La prime a également servi à l’achat d’un terrain et d’une propriété d’un de leurs membres dans le but de construire un entrepôt. La maison a été transformée en une installation de stockage pour les produits chimiques en accord avec les exigences de Fairtrade et des autorités locales; ces installations comprenaient les affiches et les avis requis, une ventilation adéquate, un extracteur d’air, des étagères non combustibles, un mur de protection contre les déversements, et une installation électrique adéquate.

La prochaine étape consistait à former des cultivateurs sur la manipulation sécuritaire des produits chimiques. Le Camp Medine a engagé l’Agence des services agricoles de Maurice et leur secrétaire Chabeelall Dabydoyal, de l’université de Maurice, qui possédaient les compétences requises pour la production de cannes et de sucre.

Les coûts

Les coûts suivants ont été partiellement couverts par les primes Fairtrade :

Item Prix (en USD)
Coûts de formation (frais de présence, rafraichissements et matériel de formation) 4500
Coût des bottes et de l’équipement de sécurité en général 65
Coût des herbicides par hectare et par application (le nombre d’applications est de deux ou trois) 97
Coût des fongicides par cycle de canne à sucre 12
TOTAL 4674

Les résultats

Les cultivateurs produisent davantage et ils ne subissent plus de pertes. Ils font l’application des herbicides deux fois par année alors que les fongicides font l’objet d’une application à chaque nouvelle saison de plantation. Depuis l’application de ces produits chimiques en 2010, ils ont pu contrôler les mauvaises herbes et la vermine.

Étude de cas 2 – Les fermes-écoles communautaires

Profil :

Ecookim & Coopaako

Produit prioritaire : cacao

Localisation : Côte d’Ivoire

Type : petits producteurs – 2 262 et 758 cultivateurs respectivement

Certifié par Fairtrade en 2008 et 2010 respectivement

Contact: Ecookim – Mamadou Savané, tél +225 58616142; Coopaako – Mme Sopie Atsé, tél +225 41603326

Le défi

Les cultivateurs tirent un grand bénéfice des pesticides fournis par le gouvernement de Côte d’Ivoire. Cependant, malgré la disparition des insectes nuisibles au fil du temps, la production reste toujours faible. Le taux élevé d’analphabétisme a contribué à l’utilisation impropre des pesticides, ce qui a eu pour effet de mettre les cultivateurs en danger, car ils étaient incapables de lire les mises en garde inscrites sur les contenants. L’intervention de la direction des deux coopératives n’a produit que très peu de résultats positifs. La plupart des cultivateurs ont continué à entreposer les pesticides dans leurs maisons, inconscients des risques auxquels ils s’exposaient.

La solution

Les deux organisations ont du faire d’importants changements dans le but d’obtenir la certification de Fairtrade. Mais en plus de cela, Ecookim and Coopaako ont décidé d’investir leur première prime dans une formation professionnelle complémentaire. Les coopératives, conjointement avec les entreprises de produits chimiques, ont mis sur pied des fermes-écoles communautaires où les cultivateurs ont été formés sur l’utilisation correcte des pesticides. D’autres sujets de formation portaient sur les bonnes pratiques agricoles, la gestion environnementale et l’utilisation des fertilisants. Les producteurs ont aussi été initiés, dans ces fermes-écoles, aux normes et aux conditions de travail de Fairtrade.

De plus, Ecookim et Coopaako ont fourni des vêtements de protection et des atomiseurs (appareils servant à vaporiser les produits chimiques) à leurs producteurs. Des bilans de santé réguliers ont été organisés pour les personnes qui manient les pesticides. La Coopaako a décidé d’installer son entrepôt principal de produits chimiques à 14 km des zones résidentielles. La coopérative a aussi nommé un superviseur des opérations environnementales.

Les coûts

Puisqu’il s’agissait d’un important investissement, les organisations ont utilisé les primes de Fairtrade pour couvrir certains des coûts les plus importants comme la formation, les salaires des 21 producteurs maniant les pesticides, les motos et le carburant pour les agents de fermes, ainsi que les médicaments.

Cliquez ici pour l’analyse des dépenses.

Les résultats

La formation est devenue un programme annuel et maintenant tous les cultivateurs sont formés sur l’utilisation correcte des pesticides. Ils peuvent maintenant s’attaquer aux insectes nuisibles tout en conservant de bons rendements. Par conséquent, ils sont aussi en bonne santé.

Étude de cas 3 – Une parcelle de démonstration

Profil :

La Société coopérative des cultivateurs de Kaliluni

Produit prioritaire : café

Localisation : Kenya

Type : petits producteurs – 1 175 cultivateurs

Certifiée par Fairtrade en 2007

Contact – kalilunifcs@yahoo.com

Le défi

Des insectes nuisibles et des maladies végétales comme la rouille de feuilles et la mineuse ont causé des pertes pour la Société coopérative des cultivateurs de Kaliluni. La rouille provoquait la perte prématurée des feuilles ce qui entravait la croissance des tiges. Les insectes perçaient les feuilles empêchant ainsi la photosynthèse. Sachant bien qu’ils devaient utiliser des pesticides afin de sauver leur récolte, les cultivateurs ne disposaient pas de connaissances suffisantes pour identifier le traitement spécifique.

La solution

L’organisation est entrée en contact avec son partenaire, le Centre suédois des coopératives et son meunier Coffee Nap, qui ont formé 41 cultivateurs l’an dernier. Les cultivateurs ont été choisis en fonction de leur bonne santé, ce qui constitue un élément important lors de l’utilisation de produits chimiques. Ils ont appris à connaître les différents types de pesticides et la façon de les utiliser. Les cultivateurs dont les fermes sont situées à haute altitude ont été conseillés de vaporiser quatre fois plus que ceux dont les fermes sont situées à basse altitude. De façon à faciliter l’audit de Fairtrade, ils ont aussi appris comment enregistrer l’utilisation des pesticides. À la fin de la formation, ils ont appris comment entreposer les pesticides de façon sécuritaire dans un contenant hermétique.

Après les séances de formation, les cultivateurs ont préparé une parcelle de démonstration sur laquelle ils ont appliqué des pesticides et ont observé les changements pendant un mois. Ils ont bientôt remarqué la disparition des insectes et de la rouille. Comme prochaine étape, les cultivateurs ont décidé de partager leurs nouvelles connaissances et expériences avec les autres cultivateurs membres.

Les coûts

L’achat des vêtements de protection, des pesticides corrects ainsi que les frais du facilitateur ont été financés par le Centre suédois des coopératives conjointement avec Coffee Nap.

Kaliluni s’est occupé du transport des cultivateurs et aussi des déjeuners tout au long de la semaine de formation. L’organisation a également fourni 300 KES (3 USD) par jour aux 41 cultivateurs pour qu’ils assistent à la formation. Les cultivateurs ont aussi reçu des prêts — à rembourser après la récolte — pour l’achat de produits chimiques.

Les résultats

La qualité même que la quantité du café se sont améliorées. Avant de commencer à utiliser des pesticides, les cultivateurs récoltaient 50 000 kilos pour 420 acres. Maintenant, ils récoltent 160 000 kilos pour la même superficie.

PROCHAIN DEFI:

La prochaine session abordera la question de la valeur ajoutées. Prière de nous contacter si vous avez une expérience à partager.

Contactez Janet  à j.sudi@fairtradeafrica.net or +254 020 272 1930.