C’est le temps de parler de harcèlement sexuel

Le 12 août dernier à Nairobi, Fairtrade Africa, la Workers’ Rights Watch (WRW) et le Kenya Flower Council ont inauguré une politique modèle pour combattre le harcèlement sexuel dans les fermes floricoles.

Étaient présents, des représentants de fermes floricoles pilotes et d’organisations de la société civile qui se portent à la défense des droits des travailleurs, entre autres.

La Dre Tsitsi Choruma, conseillère en matière de genre et chef des opérations chez Fairtrade Africa, a fait remarquer lors de sa présentation : « Un manque de conscientisation et de définition adéquate de ce qu’est le harcèlement sexuel a placé les travailleurs dans une situation à risque, malgré le fait que leurs entreprises aient instauré ces politiques. »

Elle a aussi déclaré : « Ce modèle sera composé de comités formés d’hommes et de femmes. Pourquoi des hommes ? Nous pensons qu’il est important de se rappeler que les hommes aussi peuvent être des victimes et que pour obtenir l’égalité des sexes, nous avons besoin d’hommes pour défendre les droits des femmes. »

Il y a toujours la crainte que de combattre la violence reliée au genre dans le milieu de travail coûte très cher. Par contre, il y a toujours le danger que le fait d’ignorer ces problèmes ait un impact énorme sur la productivité, le coût de l’embauche et la rétention du personnel.

Le besoin de s’attaquer à ce problème est apparu suite à un sondage général réalisé en 2013 par la WRW dans 20 fermes floricoles du Kenya. Ce sondage avait pour but d’établir la fréquence et les formes de harcèlement sexuel, ainsi que l’efficacité des mécanismes en place destinés à le prévenir et à y remédier. Les résultats indiquent que les travailleurs ont été témoins d’au moins une forme de harcèlement sexuel (HS) que ce soit par l’équipe de gérance ou entre travailleurs.

Il est également ressorti que la majorité des fermes ont déjà une politique de gestion du HS, qui est bien connue des travailleurs, mais il manque surtout un mécanisme élaboré destiné à traiter les cas de HS, comme par exemple des protocoles efficaces de signalement, d’enquête et de mesures correctives. Un fossé a peut-être été créé par un manque de confiance des travailleurs lorsqu’il s’agit de signaler des cas de HS.

Il s’en est suivi l’établissement de projets-pilotes dans huit fermes floricoles qui ont accepté d’adopter une politique en matière de HS qui pourrait ensuite être appliquée à tout le secteur au Kenya. L’ébauche d’une politique a été élaborée par la WRW et révisée par les fermes ayant accepté de participer au projet; la politique a été instaurée au début de 2015.

Il est apparu clairement pendant le projet qu’il fallait beaucoup plus que la politique modèle et la formation disponible pour éliminer le harcèlement sexuel et ses effets à long terme sur les personnes touchées. Certaines de ces interventions comprennent l’implication des syndicats afin d’accélérer l’adoption des éléments de la politique modèle lors de la signature des contrats de travail et, le cas échéant, dans le cadre des ententes collectives.

Eunice Waweru, la coordonnatrice du programme pour la WRW a fait remarquer : « Les fermes impliquées dans le projet-pilote ont rapporté que les propos sexistes avaient diminué et que maintenant, les directeurs des ressources humaines réglaient rapidement ces problèmes. »

Pour de plus amples informations sur ce sujet, veuillez communiquer avec la Dre Tsitsi Choruma à l’adresse :

 t.choruma@fairtradeafrica.net