Notes en provenance du terrain – Le miracle de la vanille

Jules Max-FarmerPlusieurs d’entre nous, à un moment donné, ont pu savourer une sucrerie contenant de l’extrait de vanille. Cependant, vous êtes-vous déjà demandé combien il fallait de travail pour que le produit final aboutisse sur nos tablettes ?

Le peuple aztèque, de ce qui constitue maintenant le Mexique, aurait été le premier à découvrir et à utiliser la vanille dans une boisson à base de cacao qui était surtout réservée à la noblesse. Aux XVII et XVIII siècles, le Mexique est demeuré le seul producteur en dépit des tentatives de planter la vanille ailleurs, car personne n’avait remarqué qu’avant que les grains de vanille soient produits, les fleurs de vanillier sont pollinisées par des pollinisateurs naturels — des espèces locales d’abeilles Melipona et des colibris.

Ce n’est qu’en 1841, alors qu’il n’avait que 12 ans, qu’Edmond Albius, un esclave de l’île française de la Réunion, a découvert une technique de pollinisation manuelle qui a transformé la culture de la vanille et qui a rendu possible la culture commerciale des grains de vanille à l’extérieur du Mexique, leur pays d’origine. Grâce aux Français, cette culture s’est répandue dans les nouveaux territoires qu’ils ont conquis dans l’Océan Indien vers 1870 et elle représente maintenant l’une des principales exportation de Madagascar.

Afin de mieux comprendre le travail qu’implique la pollinisation manuelle, trois de nos conseillers en développement commercial, Jean-Philippe Zanavelo, Aubrey Nyasulu et Sandra Ndlovu, deux agents commerciaux, Athenkosi Gosani et Alinafe Kasinja, ainsi que la directrice des affaires reliées au genre, Serah Mwangi, se sont rendus chez un producteur de vanille situé au cœur du village d’Ambodiampana à Sambava.

Jules Max, 63 ans, le père de 7 enfants les a amenés à sa ferme et leur a montré le processus de pollinisation manuelle. Il est un fermier de l’Association Soarano Vanille, une des 13 offres publiques secondaires de Madagascar certifiées pour les herbes et les épices. Il a déclaré (qu’avec 0,6 hectare de terrain) : « J’ai décidé de m’occuper seulement de ma plantation de vanille et rien d’autre, afin d’être sûr de la qualité de mes produits. »

L’équipe a été ravie non seulement de voir le processus de pollinisation manuelle, mais de pouvoir également y participer. Sandra Ndlovu a déclaré : « Ce processus représente vraiment beaucoup de travail. Chaque plant doit être pollinisé individuellement. Je ne pouvais pas m’imaginer que cela demandait tant de travail et de précision. »

L’activité ayant pour but d’encourager les bonnes pratiques agricoles, le fermier, sous l’étroite supervision d’un contrôleur interne de l’Association, doit laisser deux ou trois fleurs sur un plant qui ne sera pas pollinisé; ceci afin de s’assurer que les gousses de vanille produites ne seront pas trop petites pour l’approvisionnement. Aussi, chacun des membres doit s’assurer sa ferme est exempte de produits chimiques conformément avec les efforts de Fairtrade Africa pour la promotion de la production de vanille naturelle et pour la valorisation des compétences traditionnelles des producteurs en vue de la production de vanille de première qualité au niveau individuel et communautaire.

Cette expérience a amené un nouveau sentiment de respect pour la somme de travail fournie par les producteurs pour cultiver ce produit spécial.